Des véhicules utilitaires en transition : électriques et plus efficaces

Indispensables pour transporter les équipes, les machines et les matériaux sur les chantiers, les véhicules utilitaires des constructeurs de piscines et autres entrepreneurs connaissent aujourd’hui de profondes mutations.  Sous l’effet  des nouvelles technologies, de l’évolution de la  réglementation et d’une pression croissante en faveur de la durabilité, ces véhicules deviennent bien plus que de simples moyens de transport. Capables bientôt de servir de bornes de recharge mobiles, ils s’imposent comme de véritables outils au service de la transition énergétique.  Parallèlement, les obligations administratives évoluent et plusieurs villes envisagent déjà d’instaurer des zones à zéro émission, un changement qui aura un impact majeur sur le secteur.

Dans cet article, nous verrons comment ces évolutions transforment en profondeur l’utilisation des véhicules utilitaires dans notre secteur.

L’électrification : quand la camionnette devient une borne de recharge mobile
L’électrification n’appartient plus au futur : c’est désormais une réalité qui s’impose de plus en plus dans le monde des outils et des machines. Alors que l’offre en matériel électrique – perceuses, scies diamantées et petits tracteurs compacts – ne cesse de s’étoffer, la question se pose  : comment recharger ces machines, notamment lors des déplacements ou directement sur le chantier ?

La nouvelle génération de véhicules utilitaires apporte la réponse. Ces fourgonnettes 100 % électriques deviennent de véritables batteries sur roues : elles permettent de recharger les outils pendant qu’elles sont connectées à une borne. De quoi lever un frein majeur : la crainte de voir les batteries des machines et outils se vider sur le chantier.

Un exemple concret ? Les sociétés STIHL et Brover (aménagement de véhicules utilitaires), ont uni leurs forces pour lancer une solution intégrée : un véhicule utilitaire électrique équipé de systèmes de recharge pour les outils et les machines. Selon Tommy Nagtegaal (STIHL), cette approche répond directement aux besoins des professionnels : travailler de manière efficace et à zéro émission polluante. Outre la réduction du bruit et des émissions, cette technologie améliore l’ergonomie et la facilité d’utilisation. Sur les chantiers urbains – souvent soumis à des normes strictes en matière de bruit et de qualité de l’air – cet avantage peut être décisif. 

L’allègement administratif : la réforme du contrôle technique
Côté réglementation aussi, les choses bougent. En juillet 2025, le gouvernement flamand a approuvé une note conceptuelle visant à simplifier le système de contrôle technique.

La proposition phare : la suppression du premier contrôle pour les véhicules neufs. Aujourd’hui, un tracteur ou une remorque doit passer au contrôle avant sa mise en service. Demain, le concessionnaire pourra livrer directement l’engin au client. Autre changement majeur : la remise en question du monopole des centres de contrôle traditionnels, afin d’ouvrir le marché à plus de transparence et de concurrence. Certains contrôles secondaires – comme l’installation d’un attelage – pourraient également disparaître. Cela représenterait un gain de temps et de coûts pour l’utilisateur

Les avantages sont les suivants :

Moins de tracasseries pour les concessionnaires : ils ne doivent plus présenter les nouveaux véhicules au contrôle technique.

Une livraison plus rapide aux clients : les entrepreneurs pourront  disposer plus rapidement de leur nouveau tracteur, remorque ou véhicule utilitaire.

• Des coûts réduits : une formalité administrative en moins, un avantage pour les petites entreprises.

• Plus de clarté : la suppression des contrôles supplémentaires (par ex. pour les attelages) simplifie la procédure, même s’il reste important de suivre correctement les exceptions.

Zones à zéro émission : la logistique urbaine sous pression
Troisième évolution : l’arrivée prochaine de zones à zéro émission (ZES) : à l’avenir, seuls les véhicules sans émissions seront autorisés à circuler dans ces zones, souvent situées en centre-ville

À ce stade, aucun cadre légal centralisé n’est en vigueur : les communes peuvent définir leurs propres conditions. Les voitures particulières ne seraient pas concernées dans un premier temps, mais les véhicules N1-N3, les tracteurs et les engins utilitaires, oui. Un cadre flamand a été préparé lors de la précédente législature, mais son application reste actuellement en suspens. Les villes prennent les devants, s’inspirant des Pays-Bas, où les ZES sont déjà une réalité depuis plusieurs années.

Des dérogations sont prévues, – notamment pour les bétonnières ou les interventions urgentes -, mais elles resteront évolutives. L’objectif, lui, reste l’amélioration de la qualité de l’air et la réduction des émissions en ville. Pour les entrepreneurs et les fournisseurs actifs dans les centres urbains, il s’agira d’accélérer la transition vers des véhicules propres.  Les fabricants de machines et de véhicules verront le marché des solutions électriques et zéro émission s’élargir.

Perspectives : quels enjeux pour le secteur ?
Ces trois dynamiques – électrification, réforme du contrôle technique et ZES – tracent une voie claire :

  • Durabilité : le travail sans émissions deviendra la norme
  • Efficacité : moins d’administration, meilleure intégration machines-véhicules
  • Préparation : ceux qui investissent aujourd’hui auront une transition plus douce demain

Il est donc important d’anticiper. Aux Pays-Bas, nous voyons comment les zones zéro émission accélèrent la politique. Chez nous aussi, cela va arriver. Pour les entreprises qui font déjà le pas vers l’électrification et les solutions de recharge intelligentes, la transition sera bientôt moins douloureuse.

La camionnette du futur ne se contentera pas de transporter des personnes et du matériel jusqu’au chantier, elle servira également de station de recharge pour les machines électriques. De nouvelles règles faciliteront la gestion du parc automobile et en ville, le zéro émission deviendra progressivement une condition sine qua non. Ceux qui s’engagent dans cette évolution récolteront bientôt les fruits d’un mode de travail plus écologique et plus efficace.

Conseils pratiques pour les professionnels

Vérifiez la compatibilité des solutions de charge : Assurez-vous que vos utilitaires électriques peuvent charger vos machines. Comparez capacité de charge et nombre de ports/prises disponibles

Suivez l’évolution du contrôle technique : Consultez les informations officielles. La première inspection et certaines inspections secondaires devraient disparaître.Vérifiez toujours les exceptions par type de véhicule

Préparez-vous aux zones zéro émission : Analysez la fréquence de vos interventions en centre-ville. Envisagez l’achat d’au moins un véhicule électrique. Planifiez le renouvellement progressif de votre flotte de véhicules

Pensez au coût total de possession (TCO) : Achat plus élevé, mais entretien et carburant moins coûteux. Évaluez vos coûts sur la durée. 

Texte : Manuel Lub